Charlotte Gainsbourg @ La Coopé, Clermont Ferrand – June 15, 2010

Review

  • Charlotte Gainsbourg + Zak Laughed @ La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, 15 juin 2010 – Par Pierre Andrieu, Concertandco.com, 16/06/2010, Photos de Danyel Massacrier

La première tournée française de Charlotte Gainsbourg s’arrêtait à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand le 15 juin, l’occasion immanquable de découvrir en direct les jolis progrès scéniques de la fille de Jane Birkin et Serge Gainsbourg… Immanquable car la discrète et hyper douée jeune femme était magistralement accompagnée en live par un aréopage de musiciens triés sur le volet par son dernier Pygmalion en date, le génial Beck. Qui sera remercié au en fin de show pour son travail et ses chansons, avant que Charlotte G. ne dise dans un sourire touchant son bonheur de pouvoir piocher dans le répertoire de son père  » le meilleur, le plus grand, le plus fort « … Chronique d’une très belle soirée Rue Serge Gainsbourg :

Zak Laughed
C’est le jeune et brillant songwriter clermontois Zak Laughed qui a l’immense honneur de jouer en première partie de Charlotte Gainsbourg à la Coopé, en remplacement de St Augustine, obligé d’annuler à cause de raisons personnelles et auquel on souhaite bien évidemment le meilleur… En solo intégral avec ses guitares, l’auteur de The Last Memories Of My Old House se lance dans un superbe set, truffé de nouveaux morceaux à la fois rustiques, authentiques, pop, folk, blues et sacrément bien foutus. On notera un changement de tonalité (plus grave) sur certains titres, en constatant avec joie que, comme prévu, les sinistres idiots qui avaient déclaré que la mue signerait la fin de sa carrière avaient tout faux. Aujourd’hui comme hier, Zak Laughed sait chanter et écrire des chansons passionnantes, qui devraient encore faire parler d’elles pour un bon bout de temps !

Charlotte Gainsbourg
Après une courte pause, Charlotte Gainsbourg et ses cinq musiciens font leur apparition sur scène… Immédiatement la pertinence, la beauté et la rugosité des arrangements saute aux yeux (c’est pas de la variété consensuelle mais plutôt de la pop et du rock classieux, à la Beck/Air/Jarvis Cocker/Beatles/Gainsbourg !) tout comme les progrès vocaux effectués par la star de la soirée si l’on compare avec les Victoires de la musique, où sa voix étranglée par l’émotion avait fait craindre le pire. Malgré cela les cordes vocales fragiles, délicates et sensuelles de celle qui a débuté avec le génial et cristallin Lemon Incest ont besoin de se chauffer un peu pour être à leur maximum… Cela n’empêche pas de passer un moment délicieux en compagnie de la timide – mais aimable – chanteuse, placée dans un superbe écrin sonore et visuel (quelles incroyables lumières avec néons et tout le toutim !) pour interpréter le puissant IRM, le groovy Greenwich Mean Time, le troublant La Collectionneuse, le musclé Trick Pony, le lumineux et gracile Master’s Hands, le très osé Le Chat du Café des Artistes, la céleste ballade Time Of The Assassins, le magistral In The End, le blues entrainant Dandelion ou encore les tubesques Heaven Can wait et Songs That We Sing.

Les musiciens sont absolument parfaits pour le job, leur patient et remarquable travail à la guitare, à la basse, à la batterie, au violon ou aux synthés permet à la craquante Charlotte (son sourire désarmant ne manque pas de faire de l’effet à tous les coups !) de monter tranquillement en puissance, pour mieux surfer sur ces partitions choisies avec une grande sensibilité. Une qualité qui sera de mise également pour la très émouvante reprise de Bob Dylan, Just Like A Woman, et pour les bouleversantes covers de L’Hôtel particulier et de Couleur Café (en final percussif et enlevé) de papa Serge. Comme dans son irréprochable carrière cinématographique, Charlotte Gainsbourg est une femme de goût sachant bien s’entourer et susciter le désir d’artistes uniques, pour tracer sa propre route. Dans la grande lignée de celles empruntées par ses mythiques parents, Jane Birkin et Serge Gainsbourg. Comme celles composées et interprétées par ces derniers, La ballade de Charlotte G. au pays des merveilles musicales fait partie de celles qui resteront… Et cette heure vingt passée en sa compagnie donne furieusement envie de continuer à suivre ses très excitantes pérégrinations.

Voir photos de Nicolas Auproux @ Soul Kitchen
Preview

  • Rencontre avec Charlotte avant son concert ce soir à Clermont – Par Julien DODON, La Montagne, mardi 15 juin 2010

« Si je me plante, ben… voilà, les gens me lanceront des tomates ! Faut dédramatiser aussi ! Plus qu’une mise en danger, c’est l’idée de me bouger que j’aime, d’aller vers des choses que je ne connais pas ». Et puis il ne s’agit que de musique, « art mineur », vous vous souvenez…

Charlotte Gainsbourg a la trouille de monter sur scène, elle le sait, l ‘explique avec un mélange de recul et d ‘humour, et quelque part, se soigne. « Débuter la tournée aux États-Unis et au Canada était plus facile pour moi. On y est allé progressivement, avec d ‘abord des salles de 300 personnes. Il y en a eu jusqu ‘à 8.000 ensuite, mais c ‘était sur un festival, ce n ‘est pas la même chose ».

Après un break d’un mois, Charlotte reprend les répétitions demain et repart sur les routes dans une semaine. En France cette fois, pour quatre dates seulement, dont une à Clermont-Ferrand, à la Coopérative de Mai, ce 15 juin, rue Serge Gainsbourg. Joli symbole. Magnifique et lourd l’héritage, non ? « Forcément, cela fait quelque chose de chanter ici. […] Pour le reste, il faut comparer ce qui est comparable, qu’il s ‘agisse de mon père ou de ma mère. Nous ne sommes pas les mêmes, tout simplement. Mais évidemment que, de fait, tout est un peu plus compliqué pour moi. Ce n ‘est pas seulement pour cette raison que je suis flippée » !

Charlotte a mis beaucoup de temps à monter sur scène, peur de ne pas y arriver, de partir en courant ? « Mais partir en courant je l ‘ai déjà fait, alors je sais de quoi je parle » lâche-t-elle en se marrant (ou presque). « Beck m ‘a convaincu que je pouvais y arriver, ma mère aussi, elle m ‘a soutenu que ce serait une révélation ».

Et maintenant, avec un peu de vécu ? « Évidemment, les premiers soirs j’étais très traqueuse. Mais j’ai pris un plaisir auquel je ne m ‘attendais pas trop, et du coup j’ai compris ce que je faisais-là ».

« Une immense découverte »
Elle ne l’explique pas, un truc « assez abstrait ». Une quête personnelle. « Ah ! mais moi je suis très égoïste (sourire). Cela étant, je pense qu ‘il faut d ‘abord faire les choses pour soi et c ‘est ainsi que l ‘on peut les partager ». Et donc ? « Ben… C ‘était, c ‘est une immense découverte. J ‘ai eu tout à apprendre en un labs de temps très court. Moi je ne voulais pas trop y aller, je réclamais des répét’, encore des répét’; et j ‘ai compris une fois que l’on a commencé : on apprend tellement plus en vrai, en live […] Il y a une excitation, une montée d’adrénaline qui est incroyable. Cela n’a rien à voir même avec le studio, le théâtre, où l’on ne regarde pas le public, etc. Bon, je vous avoue que je préfère ne pas trop distinguer les visages (rires), mais ça va. En fait j ‘aime ce qui est compliqué pour moi ». Comme de tourner avec Lars von Trier par exemple, dans le registre cinématographique. « Exactement, et d’une manière générale, monter sur scène, c ‘est comme tourner certaines scènes au cinéma alors que vous êtes très timide ».

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Aurélie M

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