Charlotte Gainsbourg: Accouchements multiples (La Presse)

De Émilie Côté, La Presse, 4 décembre 2011

Ce fut une année bien remplie pour Charlotte Gainsbourg, qui a accouché de son troisième enfant et d’un deuxième album fait en collaboration avec Beck. Un disque hybride, en magasin mardi, qui comprend des pièces live et des enregistrements nouveaux.

«Allo? Attendez, il y a ma fille qui m’interrompt», indique gentiment Charlotte Gainsbourg, qui était dans le brouhaha du retour à l’école dans sa maison de Paris au moment de notre entretien téléphonique.

Un nouvel album, un deuxième film avec Lars von Trier, Melancholia, et un troisième enfant, qui s’ajoute à la famille née de son amour avec Yvan Attal. Pourtant, Charlotte Gainsbourg dit ne pas avoir été débordée cette année.

«Vous avez l’impression que je n’arrête pas, mais depuis que j’ai accouché, il n’y a plus rien qui existe. Je suis à la maison et je ne bouge pas. J’ai pris quatre mois de vacances et j’en profite», dit la mère dont les trois enfants sont nés avec une bonne différence d’âge, de 1997 à 2011. «J’adore ça… J’ai pu profiter de chaque enfant comme si c’était un enfant unique.»

Charlotte Gainsbourg était «très enceinte» quand elle est retournée en studio, l’hiver et le printemps derniers. «Comme je savais que je n’allais pas pouvoir bosser pendant un temps, c’était agréable d’aller jus’au bout.»

Se bousculer et se conforter

Son nouvel album, Stage Whisper, comprend des versions live de certains titres d’IRM, qu’elle a fait avec Beck il y a deux ans, de même que quatre nouveaux titres conçus avec lui, mais également avec d’autres groupes et artistes.

«Après la tournée, j’ai retrouvé Beck à Los Angeles pour quelques jours. On a travaillé sur des choses qu’on avait déjà, comme All The Rain, sur d’autres titres qu’on a terminés, comme Paradisco et White Telephone, et sur un titre où on est partis de rien, Terrible Angels.»

D’abord parue sur un EP sorti à la fin de l’été dernier, la chanson Terrible Angels est à l’image de son clip où Charlotte Gainsbourg joue les dures avec un blouson de cuir noir. «J’ai demandé à Beck de m’écrire quelque chose de plus dur pour que je puisse chanter de façon plus costaude. Sur scène, je m’étais amusée avec des morceaux très rythmés. Ça me plaisait d’aller contre ma petite voix, de me bousculer un tout petit peu.»

La chanson Trick Pony, par exemple? «Oui! J’avais adoré cette chanson, car c’est contre ma mollesse innée.»

Les quatre enregistrements de Beck ouvrent Stage Whisper, suivis de nouvelles pièces plus douces et de sept versions live. «Après, j’ai fait tout le contraire de lutter contre ma fragilité avec d’autres artistes comme The Villagers, Noah and The Whale et Connan Mockasin, détaille Charlotte Gainsbourg. Je me disais que s’il n’y avait pas de lien entre les morceaux, ce n’était pas grave […] Ce qui m’importait avec cet album-là, c’est qu’il n’y ait pas seulement les titres live du concert, mais des directions différentes. Cela m’a perturbée plus qu’autre chose, car pour le prochain album, je ne sais pas du tout où aller. Je pensais que cela allait me conforter dans un sens, mais c’est le contraire; je me sens à l’aise avec des morceaux plus électroniques, mais aussi avec des morceaux plus acoustiques.»

Avec IRM, Charlotte Gainsbourg a pris goût à la tournée, elle qui avait refusé de se produire pour son album précédent (5:55) et qui avait reporté ses spectacles à Montréal, car elle ne se sentait pas prête. «J’ai appris énormément. J’ai appris à avoir du plaisir et à être réceptive au public. C’est tellement différent d’un spectacle à l’autre… À Montréal, le public était tellement généreux. C’était pareil au Japon. C’était très porteur, jusqu’à être un peu déprimée quand c’est fini, car c’est tellement positif.»

Charlotte Gainsbourg a dû entrecouper sa tournée pour le tournage de Melancholia. «Je n’ai pas pu faire énormément de dates… J’ai l’espoir d’en faire d’autres. Maintenant que je me suis jetée à l’eau, je vais envisager les choses de manière plus simple, avec moins de pression.»

La musique lui fait regretter le cinéma et vice-versa, si bien qu’elle adore «jongler» avec les deux et même retravailler avec les mêmes personnes, que ce soit avec Beck ou Lars Von Trier, qu’elle pourrait retrouver pour la troisième fois sur un plateau de cinéma. «C’est comme si le travail continuait et s’enrichissait…»

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Aurélie M

Je tweet, je blog, je tumblr, je facebook, je Google+ sur Charlotte et Serge Gainsbourg. Je me souviens être tombée sous le charme de Charlotte dans l’Effrontée, de fil en aiguille, j’ai ensuite développé une passion pour la musique de Serge. Qui j’aime le plus des deux ? Je ne saurais dire.

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